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Paludisme,
se protéger, c'est essentiel
Le paludisme reste un fléau qui, chaque année, touche plus de 300 millions de personnes et en tue plus d'un million. L'accroissement du tourisme international dans les zones à
risque explique le nombre des cas dits "d'importation"(1). On a dénombré ainsi 6400 cas en 2003 en France (le plus fort taux en Europe), parmi lesquels une vingtaine de mortels...
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Selon le suivi réalisé par le CNREPIA(2) auprès de voyageurs ayant eu un accès de paludisme à leur retour, un peu plus des trois quarts n'avaient
utilisé aucune protection contre les piqûres de moustiques ; moins de la moitié des voyageurs s'étaient soumis à la prévention médicamenteuse, et moins d'un dixième affirmaient l'avoir
correctement mise en œuvre (prise régulière, adaptée à la zone de résistance du pays visité et durant la durée prescrite - l'erreur la plus commune étant l'arrêt prématuré de la prise au
retour). Le respect de quelques règles simples permet pourtant d'éviter la maladie... Elles ont été rappelées par le Professeur Daniel Camus(3) lors d'une réunion organisée récemment par le Laboratoire GlaxoSmithkline et axée sur "L'actualité des conseils aux voyageurs".
• Une parasitose complexe
Le paludisme est une infection à parasite : le plasmodium. Elle est transmise à l'homme via la piqûre d'un moustique, l'anophèle, qui pique surtout entre
le coucher et le lever du soleil. Seule l'anophèle femelle (au vol silencieux et à la piqûre indolore) est transmetteur. Il existe quatre types de Plasmodium : falciparum (le plus
fréquent et le plus grave, responsable des formes mortelles), vivax, ovale et malaria.Le délai d'apparition des symptômes au retour de la zone d'endémie est très variable d'une espèce à
l'autre : 6 jours en moyenne pour le falciparum, de trois semaines à trois mois environ pour les autres... et le diagnostic, par mise en évidence du parasite, se fait encore plus tard.
Fièvre élevée au retour = urgence
Les crises de paludisme se caractérisent par la succession, tous les 2 ou 3 jours, d'accès de fièvre intense (40°Cou plus), accompagnés de grands frissons, parfois de céphalées et
nausées. Seule la forme à Plasmodium falciparum peut provoquer un neuropaludisme (ou paludisme pernicieux), avec atteinte cérébro-méningée, convulsions et coma, qui, en l'absence d'un
traitement spécifique administré en urgence, provoque la mort. Toute fièvre survenant au cours ou au décours d'un voyage tropical est jusqu'à preuve du contraire considérée comme un paludisme et
impose une consultation en urgence, de préférence dans un service d'urgence hospitalier (ouvert et fonctionnel 24 heures sur 24). Le diagnostic de paludisme est rapidement réalisé grâce à deux
examens sanguins : le frottis et la goutte épaisse. Leur positivité impose l'administration immédiate d'un traitement spécifique. L'hospitalisation n'est pas toujours nécessaire.
• Prévention médicamenteuse : systématique
C'est pour protéger du risque de mort lié au Plasmodium falciparum qu'il est fortement recommandé de consulter son médecin avant tout départ en zone tropicale. La prévention
médicamenteuse (chimioprophylaxie) est indispensable pour tout séjour, même bref, en zone de transmission importante du falciparum. Les régions et pays concernés sont classés en groupes 1, 2
et 3 en fonction de la fréquence de résistance à la chloroquine (le groupe 0 correspond à un risque nul); le
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traitement est choisi en fonction de la zone du voyage et des contre-indications et effets secondaires éventuels. Il est débuté la veille du départ (sauf pour le Lariam® - 10 jours
avant pour assurer 2 prises médicamenteuses - et le Malarone® -qui peut être pris la veille ou le jour même du départ) et poursuivi selon le cas de 3 à 4 semaines après la sortie de la zone à
risque sauf pour le Malarone dont la durée detraitement après le séjour est de 1 semaine.
• Le problème des résistances
Pendant des dizaines d'années, quinine puis chloroquine (Nivaquine®) ont permis d'assurer une protection simple, universelle et efficace à 100%. L'apparition, depuis le début des
années 1980, de Plasmodium falciparum résistant à ces médicaments explique que la situation du paludisme empire dans certaines régions. Les mesures de protection contre les moustiques sont
redevenues essentielles pour les touristes. Si les recherches ont beaucoup progressé, il n'existe pas encore de vaccin contre le paludisme.
• Répulsifs et mesures de protection: indispensables
L’inquiétante progression des résistances explique que toutes les mesures de prévention contre les piqûres de moustiques restent essentielles et ce d’autant plus
que la piqûre de l’anophèle est indoore et son vol silencieux ! Ne vous privez pas du conseil de votre pharmacien, acteur de santé comme votre médecin traitant, pour le choix et l’achat des
différents produits répulsifs et insecticides.
Les répulsifs
s'appliquent sur la peau plusieurs fois par jour, sous forme de laits, lotions, vaporisateurs, sticks et sprays. Il existe aussi des sprays destinés spécifiquement à l'imprégnation des vêtements.
Les insecticides
sont destinés aux habitations et sont indispensables en cas d'hébergement non climatisé. Ils existent en aérosol, vaporisateur, plaquettes à émission continue ou à diffuseur électrique, et fumigène. Les produits les plus actifs sont à base de DEET et d'Icaridine / KBR 3023. Contrairement aux idées reçues, lavande, vitamines, citronnelle et ultrasons sont parfaitement inefficaces. Enfin, ne pas oublier l'indispensable moustiquaire (la climatisation ne suffit pas toujours) : elle doit être imprégnée d'insecticide (il existe désormais des modèles imprégnés "longue durée"), non trouée et bien bordée. Si ces mesures sont capitales (elles permettent de diminuer considérablement le nombre des piqûres) en zone impaludée, les médicaments restent indispensables : une seule piqûre d’anophèle suffit.
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1. Les voyageurs contractent la maladie pendant leur séjour à l’étranger mais ne la déclarent qu’après leur retour. Les chiffres cités ne prennent donc pas en
compte les voyageurs qui ont fait un accès de paludisme au cours de leur périple. 2. Centre national de référence de l'épidémiologie du paludisme d^importation et autochtone (suivi entre 1998 et
2000). 3. Chef du Service de parasitologie, C H RU et Institut Pasteur de Lille.
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TOUTE FIEVRE SURVENANT AU COURS OU AU DÉCOURS D'UN VOYAGE TROPICAL (...) IMPOSE UNE CONSULTATION EN URGENCE, DE PRÉFÉRENCE DANS UN SERVICE
D’URGENCE
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SANS PIQURE D’ANOPHELE, PAS DE PALUDISME !
Pour éviter d'être piqué : consulter son pharmacien pour le choix des produits répulsifs et insecticides; porter des vêtements
adaptés (clairs, imprégnés de répulsifs antimoustiques, bien recouvrants), et des chaussures fermées ; utiliser plusieurs fois par jour des produits répulsifs
antimoustiques : lotion ou crème à vaporiser ou à passer sur la peau (insectifuges tropiques) ; appliquer les répulsifs dès l'arrivée en zone tropicale,
- à partir du coucher de soleil mais surtout en fin de soirée et en deuxième partie de la nuit; - sur toutes les parties du corps
découvertes et donc exposées aux piqûres, et surtout aux chevilleset aux pieds ; - en évitant le contact avec les yeux, les muqueuses et les plaies; en
évitant aussi le contact avec les verres de lunettes et les lentilles (certains produits sont corrosifs) ; si l'hébergement n'est pas assuré dans une pièce
climatisée fermée, vaporiser ou faire diffuser des insecticides; dormir sous une moustiquaire imprégnée d'insecticide, non trouée, bien bordée;
se coucher avant 23 heures; se méfier des traitements "locaux".
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