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Documents repris du bulletin trimestriel d’information de la Maison de la Coopération Décentralisée située à Ouagadougou
Merci à son directeur, Sembene Mamadou qui nous a autorisé à les diffuser.
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S.E.M. Blaise COMPAORE
Président du Faso
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…Vous êtes réputé être un fervent défenseur et promoteur de la coopération décentralisée en faveur du développement des collectivités territoriales du
Burkina Faso. Quelles orientations et quelles stratégies de l’Etat pour mieux promouvoir la coopération décentralisée ?
Les collectivités locales ont une mission de promotion du développement local à la base et nous sommes convaincus, en raison des moyens limités aussi
bien de l'Etat que des collectivités, que la coopération décentralisée peut largement y contribuer. Certaines actions sont indispensables pour une meilleure promotion de cette
coopération ; il convient d'abord d'avoir à l'esprit que la coopération décentralisée est une coopération de peuple à peuple ; il faut donc au préalable, sensibiliser la population, lui faire
comprendre l'intérêt de cette coopération afin d'obtenir son adhésion et son implication. Une administration locale efficiente et une bonne gestion des fruits de la coopération permettent le
renforcement du climat de confiance nécessaire à la consolidation des relations de jumelage. La formalisation des relations et leur gestion par une structure adéquate sont sources de transparence et
d'efficacité. La promotion de la coopération décentralisée devrait se traduire également par un appui plus significatif à l'Association des Municipalités du Burkina Faso (AMBF) et à l'Association
des Régions du Burkina Faso (ARBF).
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Que représente aujourd'hui la coopération décentralisée pour le Burkina Faso ?
La coopération décentralisée est une opportunité pour mieux organiser la lutte contre la pauvreté et pour assurer le développement. Un grand nombre de
collectivités territoriales burkinabé et de circonscriptions administratives sont en partenariat entre elles et avec d'autres collectivités du Nord et du Sud. Dans cette relation du donner et du
recevoir, elles bénéficient d'appuis importants qui améliorent les conditions de vie et de travail de leurs citoyens, et contribuent à l'épanouissement des communautés concernées. Les effets
positifs de la coopération décentralisée sont particulièrement visibles dans des secteurs tels que l'eau potable, l'assainissement, l'éducation, l'agriculture, le sport, l'artisanat, la culture et
la formation. Cette forme de coopération est aussi un facteur de renforcement des relations bilatérales et multilatérales entre Etats en vue du développement partagé et de la
recherche de la paix internationale…
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Monsieur Clément SAWADOGO Ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation
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… Que représente aujourd'hui la coopération décentralisée pour le Burkina Faso?
La coopération décentralisée représente aujourd'hui pour le Burkina Faso : - au plan économique, la troisième source de financement du
développement au Burkina Faso; plus de douze (12) milliards de FCFA injectés dans les actions de développement local, ces dix dernières années ; - au plan
socioculturel, une grande ouverture d'esprit des populations sur des valeurs de partage et de solidarité agissante dans la vie. Grâce à la coopération décentralisée des milliers de citoyens ont
établi des partenariats bénéfiques pour eux et pour leurs communautés. - au plan politique, elle contribue au rayonnement du pays et c'est pourquoi l'Etat, malgré les
principes et règles de décentralisation, manifeste sa présence dans la dynamique et reste un acteur incontournable voire le premier dans la consolidation de cette coopération décentralisée.
Aujourd'hui, quelles sont les grandes orientations de votre ministère en matière de coopération décentralisée ?
Les grandes orientations en matière de coopération décentralisée sont celles définies par les plus hautes autorités de l'Etat, à savoir une coopération qui
consolide les relations internationales, qui contribue au rayonnement du pays et qui participe activement au développement de nos villes et campagnes. C'estcettevision qui imprime
toute la politique du gouvernement que nous relayons à travers les collectivités locales. Nous sommes en train de tout mettre en œuvre pour donner à la coopération décentralisée la place qui lui
revient dans la consolidation de la diplomatie burkinabé et c'est le sens de tous les efforts que le chef de l'Etat fait depuis longtemps dans le cadre des missions qu'il conduit lui-même en direction
des partenaires de l'Europe. L'Etat fixe les orientations générales et il revient aux collectivités locales d'initier les stratégies et les actions de mise en œuvre de ces
orientations avec l'appui de mon département et du gouvernement tout entier.
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Quelles stratégies de votre ministère pour aider les acteurs de la coopération décentralisée à inscrire leurs relations dans une optique d'appui à la
décentralisation et au développement territorial au niveau communal et régional?
Nous ne souhaitons pas influencer fortement les dynamiques de coopération actuelles parce qu'elles relèvent du domaine du partenariat libre des collectivités locales;
toutefois, et cela, compte tenu des orientations que l'Etat fixe, nous voulons veiller au bon cadrage juridique de cette coopération à travers la prise des textes régissant les structures de gestion
de ce type de coopération, l'élaboration d'un guide sur la coopération pour servir de référentiel pratique aux acteurs mais aussi de document de conseils pour une meilleure gestion des relations de
coopération décentralisée par les collectivités locales. Nous voulons également donner une meilleure visibilité aux efforts faits dans ce cadre et c'est pourquoi il a été
mis en place la commission nationale de la coopération décentralisée en plus de la direction de la coopération décentralisée qui existe aussi au sein de mon département. Nous allons appuyer ces
actions par la mise en œuvre d'un programme de formation des acteurs aux enjeux de la coopération décentralisée et aux mécanismes de sa gestion pour inscrire leurs interventions dans la durée et
surtout dans la promotion du développement local.
Votre mot de conclusion, Monsieur le Ministre.
Je salue l'action de tous ceux, institutions et individus, toutes les bonnes volontés qui œuvrent au renforcement de la coopération décentralisée dans notre pays ;
je renouvelle la gratitude du peuple burkinabé à tous les peuples qui nous font l'amitié de partager, témoigner leur solidarité et au-delà, échangent avec nos populations les valeurs d'humanité
et d'humanisme qui doivent fonder le monde…
Propos recueillis par Mamadou Sembène, Directeur de la MCD
Extrait
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« Visions - orientations - perspectives de la coopération décentralisée franco-burkinabé»
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La coopération décentralisée franco-burkinabé est une coopération à échelle humaine, singulière à plusieurs titres, ne serait-ce que parce que le Burkina Faso
est le premier pays de destination des collectivités françaises, et que les acteurs français représentent plus de 85% des actions de coopération décentralisée au Burkina Faso.
Cette coopération décentralisée franco-burkinabé s'avère particulièrement riche et ne compte pas moins de 180 partenaires, dans des domaines très diversifiés. Même si tous les projets ne
présentent pas la même cohérence et ne bénéficient pas du même degré d'implication des populations, la multitude et la densité des échanges qu'ils induisent font du Burkina un laboratoire
exemplaires d'idées et de réalisation pour tous les acteurs qui souhaitent mener de telles actions dans les pays du Sud. Bien que ces partenaires soient très hétérogènes,
l'expérience cumulée en quarante années de pratique a produit une réelle valeur ajoutée, notamment en termes d'accompagnement du processus de décentralisation en cours. Les collectivités
françaises disposent en effet d'une grande expérience en matière d'organisation et de gestion des services publics. Elles peuvent donc, depuis la communalisation intégrale de 2006, mettre en place,
au Burkina Faso, des partenariats avec des homologues qui disposent, le plus souvent, de moyens et de compétences limitées pour assurer leur mission de service public. Dans ce contexte, l'implication
d'une collectivité partenaire au développement privilégié d’une collectivité burkinabé trouve toute sa justification : il s’agit de fonder un partenariat de collaboration et d’échange
entre deux entités administratives semblables dont les préoccupations peuvent être identiques. La coopération décentralisée se distingue aussi par une certaine flexibilité.
Elle rassemble un nombre restreint d'intervenants, relève de procédures financières relativement rapides, et offre une certaine souplesse qui lui confère une certaine réactivité. Or, on sait que
les projets de développement local proposent des modes opératoires pragmatiques, en phase avec les réalités de terrain, et susceptibles de s'ajuster aux problématiques des élus locaux.
Pour ces nouvelles collectivités, l'accès des populations aux services de base est un réel défi. De ce fait, des actions isolées ne sauraient constituer une solution
satisfaisante. L'accompagnement à la mise en place d'un service public dans une collectivité burkinabé doit être conçu comme un processus de longue haleine. Il ne s'agit pas seulement d'investir à
l'instant « T », mais de proposer un service durable. La coopération décentralisée offre le double avantage d'un partenariat de proximité qui s'inscrit dans la durée. En effet, c'est
bien une logique de partenariat qui sous-tend la démarche de complémentarités de chacune et la réciprocité. Un tel partenariat fournit le support idéal pour exécuter des actions pérennes qui
intègrent la concertation et l'évaluation. Enfin, j'ajouterai que la coopération décentralisée n'est pas destinée à se substituerà la coopération bi ou multilatérale. En
revanche, elle regroupe des acteurs capables d'intervenir en synergie avec d'autres types de coopération, notamment des petites et moyennes entreprises désireuses de s'implanter sur de nouveaux
marchés. L'importance d'une vision territoriale du développement ne fait pas de doute. Il semble que la coopération décentralisée permet cette recherche d'une cohérence
entre, d'une part des bailleurs ou opérateurs intervenant sur un territoire donné, et d’autre part, entre les autorités et autres acteurs locaux intervenant sur ce même territoire.
Fondée surde telles bases, cette coopération exemplaire sera en mesure de s'enraciner dans le paysage mouvant de la coopération internationale et de s'imposer comme un acteur majeur du
développement.
Mot de S.E.M. François GOLDBLATT, Ambassadeur de France au Burkina Faso.
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Paroles d’un Pionnier
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Félix Idrissou BOYARM Secrétaire Permanent du Comité National de Jumelage (CNJ)
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Le jumelage des villes est une pratique qui est née après la deuxième guerre mondiale. En 1957, naquit en France (exactement à Aix-les-Bains) la Fédération Mondiale
des Villes Jumelles (FMVJ). Le public burkinabé ne découvre cette notion que dix d'années plus tard, avec le jumelage entre Ouagadougou et Loudun en France, premier du genre en Afrique subsaharienne.
Cette coopération a vu le jour grâce aux comités locaux de deux villes, qui ont servi de levain à sa concrétisation. Cette nouvelle dynamique dans le domaine de la
coopération internationale se veut être un rapprochement des peuples. Au départ conçu comme un moyen d'amitié, d'échange des diversités culturelles et de compréhension entre les peuplés, le
jumelage connu une nouvelle approche avec la conclusion entre villes des pays développés et celles émanant des pays dits sous-développés (Asie, Amérique du Sud et Afrique). L'entrée massive de ces
villes dans la FMVJ suscita des questionnements sur le rôle du jumelage : les villes du Nord se sentant dans l'obligation d'aider leurs consœurs du Sud. On vît alors apparaître la notion de
jumelage-coopération. Dans les années 80, à la faveur de la terrible sécheresse qui toucha le Sahel, plusieurs localités burkinabé ont trouvé des amitiés avec des collectivités locales
françaises. Aujourd'hui, le Burkina Faso ne compte pas moins de 180 localités ayant des partenariats de coopération décentralisée (dont la majorité est constituée de jumelages) avec des
collectivités françaises pour la plupart, mais également allemandes, italiennes, belges et américaines. D'autres relations sont en cours de formalisation. Pendant longtemps,
les jumelages ont joué un rôle prépondérant dans le champ de la coopération décentralisée au Burkina Faso. Aujourd'hui encore, le dynamisme des acteurs locaux continue de faire ses preuves à
travers la mobilisation de moyens de plus en plus important au service de l'épanouissement des populations et du développement des localités. Nombreuses sont les réalisations visibles dans beaucoup
de villes et villages de ce pays : écoles, dispensaires retenues d'eau,puits et forages, centres de santé ainsi que d'autres équipements essentiels réalisés un peu partout ont contribué à
l'amélioration qualitative de la vie de beaucoupde gens. Au vu de l'importance du jumelage pour notre pays, le législateur a jugé opportun de le définir à travers la Loi n°
55 du 21 décembre 2004 portant Code Général des Collectivités Territoriales (Cf. articles 127 à 129). Un décret antérieur fixait déjà le mode de fonctionnement des comités locaux de jumelage
(Décret n° 2000-2767 PRES /PM/MATS du 21 juin 2000 portant organisation et fonctionnement des comités de jumelage). Dans la dynamique actuelle de la décentralisation
intégrale, les comités locaux de jumelage sont appelés à s'adapter à la nouvelle donne : même s'ils sont autonomes en tant que structures associatives, leurs actions le sont moins car elles
relèvent de la compétence des collectivités locales, seules maîtres d'ouvrage au plan local et les élus locaux sont seuls responsables devant la population. Il importe donc que les comités locaux
de jumelage, pour toute action qu'ils entreprennent dans le domaine du développement local, en réfèrent à la collectivité territoriale concernée. Les actions de développement doivent s'inscrire
dans un schéma de cohérence communal, régional et national. Les programmes devront être validés par les élus locaux avant d'être mis à exécution. Une meilleure
collaboration entre élus locaux et responsables des comités locaux de jumelage n'est que souhaitable, si l'on connaît l'importance du jumelage-coopération pour beaucoup de nos concitoyens et que la
coopération décentralisée s'inscrit aujourd'hui comme un instrument très précieux au service du développement de nos jeunes collectivités.
Félix Idrissou BOYARM Secrétaire Permanent du CNJ
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